La production du Mexique a baissé de 7.8% au premier trimestre 2009, par rapport à 2009.
La cause principal est le rapide déclin du Champ de Cantarell.
Pemex said Cantarell produced 787,000 bpd in the first three months of 2009, down 34 percent from the same period in 2008 when the field yielded 1.195 million bpd.
The company has forecast oil production will be between 2.7 and 2.8 million bpd in 2009, but analysts are skeptical the company can step up output sufficiently at other fields to make up for the relentless decline of Cantarell.
Cantarell, le champ le plus important du Mexique, a atteint son pic de production en 2004 alors qu’on en a extrait plus de 2 Million bpj.
Article complet (en Anglais) sur Reuters: Mexico oil output falls 7.8 pct in Q1




Hier, je regardais ces chiffres sans trop de surprises.
Mais je viens de relire un article de George Monbiot (The Guardian, 15 décembre 2008) ou il questionne Fatih Birol, l’économiste en chef de l’AIE, suite à la puplication du rapport annuel Prospective de l’Energie Mondiale (traduction française sur Contre Info).
À ce moment, se basant sur l’analyse de la déplétion de centaines de gisements conventionnels, l’AIE prévoit un pic de production vers 2020. Selon leurs observations, le déclin moyen d’un tel gisement est de 6.7%. Or, dans le rapport de 2007, ce même taux de déclin est plutôt à 3.7%. On disait alors que le pic était pour 2030… ou après!
Le rapport avec Cantarell? Le taux de déclin! Le champ de Cantarell a pratiquement doublé en sortie entre 2000 et 2004 grâce à cette merveilleuse technique d’injection d’Azote (Nitrogen). Le principe est simple; on introduit dans les réserves souterraines de grande quantités d’Azote afin d’y faire monter la pression et ainsi améliorer le flux de sortie du brut. C’est en fait sur l’application de ce genre de technologie que se bases nombre de « debunker » du pic pétrolier pour sans cesse en repousser la date.
Mais les spécialistes « peakistes » avaient vu juste! Si l’injection d’Azote améliore grandement le rendement d’un gisement à court terme, il n’a que peu d’impact sur le taux de récupération total, conséquemment, lorsque le gisement atteint son pic, le déclin qui s’ensuit est d’autant plus prononcé. Dans le cas de Cantarell, avec plus de 30% de déclin, on est bien loin des 6.7% de Monsieur Birol.
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Plus d’info sur Cantarell: http://en.wikipedia.org/wiki/Cantarell_Field#Production_decline
Je pense que c’est une des nouvelles les plus catastrophiques par rapport à tout ça et ce fait devrait alerter les décideurs en place. Bravo pour la découverte de nouvelles techniques pour extraire le pétrole mais y a-t-il quelqu’un qui va comprendre qu’avec de tels taux de déclin, on sera dans l’trouble avant longtemps!! La pente descendante de l’après-Peak ne sera donc pas douce comme on le pensait mais bien particulièrement abrupte!!
Si ça continue, nous n’aurons même plus besoin d’une reprise économique en Occident pour que la pression à la hausse se fasse sentir sur les stocks de brut parce que la Chine, entre autres, continue de croitre bon an mal de plus de 6% par année.
Un déclin de plus 30% de l’extraction du 2e plus important gisement sur la planète devrait normalement sonner l’alarme…mais tout le monde continue de faire comme s’il faisait soleil et que l’ouragan n’allait pas venir…
Toujours pour le premier trimestre 2009, PEMEX annonce une perte nette de 27 Milliards de Pesos (2.04 Milliards US$). Cette perte est principalement dû à l’effet combiné de la baisse des exportations et du prix du baril.
Le Mexique a exporté 1.2 M bpj contre 1.5 M bpj au premier trimestre 2008 pour une baisse de 16%.
Article pour le post précédent: Mexico energy giant reports huge loss on lower exports, prices