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PIC PÉTROLIER.net est un site dédié au pic pétrolier (peak oil) et à son impact sur l’économie et sur la société en général. Notre but est de faire connaître les problèmes reliés à l'atteinte du pic de production de pétrole au niveau mondial et d'en envisager les conséquences et différentes pistes de solution. Sans aucune prétention scientifique, ce site se veut donc un document d'accompagnement alors que nous nous aprêtons à vivre la fin de l'Âge du Pétrole!

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Entrevue avec Robert Hirsch

Posted by Yanik Déry On septembre - 22 - 2009

Robert Hirsch est un spécialiste des questions énergétiques ayant travaillé pour l’État et le secteur privé. En 2005, c’est lui qui est à l’origine de l’étude sur le pic pétrolier du DOE (Department of Energy) des États-Unis.

Il est ici interviewé par Steve Andrew de l’ASPO.

La version originale se trouve ici: Interview with Bob Hirsch – The Stonewalling of Peak Oil
La traduction vient du site Contreinfo.info: Robert Hirsch : la production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans

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Question : Quelles ont été vos principaux domaines d’activité au cours de votre carrière dans le secteur de l’énergie ?

Hirsch : J’ai débuté dans l’énergie nucléaire. Puis j’ai fait de la recherche sur la fusion [nucléaire], et dirigé le programme gouvernemental en la matière. J’ai passé beaucoup de temps sur les énergies renouvelables, y compris la gestion du programme fédéral des énergies renouvelables. De là, je me suis dirigé vers l’industrie pétrolière, où j’ai dirigé la recherche à long terme sur le raffinage puis les carburants synthétiques. Plus tard, j’ai dirigé la recherche et le développement sur l’exploration et la production du pétrole et du gaz. Puis ensuite, je suis passé dans le secteur de l’énergie électrique – tous les aspects de l’énergie électrique. Et puis j’ai mené des études sur l’énergie, dont plusieurs années pour la Rand, SAIC, et maintenant MISI. En dehors de cette carrière professionnelle j’ai collaboré avec les Académies Nationales [des Sciences] dans le domaine des études sur l’énergie depuis 1979 et j’ai travaillé sur pratiquement tous les aspects de l’énergie avec ces académies, que ce soit en tant que participant ou en tant que président du comité de leur conseil sur l’énergie et les systèmes environnementaux.

Question : Quand avez-vous entendu parler du problème du pic pétrolier ?

Hirsch : J’ai pris connaissance du pic pétrolier après ma sortie de l’industrie pétrolière, car on n’en parlait pratiquement pas lorsque j’y étais. Au début des années 2000, j’avais fait une étude pour le Département de l’Energie (DOE) traitant de la planification à long terme des recherches et du développement dans le secteur énergétique. Le pic pétrolier était l’un des six axes que j’avais défini. Auparavant, je n’avais jamais vraiment réfléchi sur ce sujet. C’est une sorte de bébé « goudron » ; une fois que vous mettez la main dessus, vous ne pouvez plus vous en détacher… Lorsque la production pétrolière déclinera, cela sera un enjeu déterminant pour l’humanité. Je suis donc impliqué depuis six ou sept ans dans l’analyse du pic pétrolier et des moyens de l’atténuer.

Question : Comment est née l’étude de 2005 du DOE sur le pic pétrolier ?

Hirsch : Essentiellement à mon initiative. Je travaillais avec le National Energy Technology Laboratory (NETL) du DOE à l’époque, et ils m’ont laissé beaucoup de latitude pour me pencher sur des sujets importants. J’ai senti que le pic pétrolier était extrêmement important, alors j’ai mené quelques recherches à titre personnel et j’ai ensuite proposé au NETL de réaliser une étude beaucoup plus complète, avec Roger Bezdek et Bob Wendling, qui sont des gens très capables, avec qui j’avais déjà travaillé précédemment, et qui sont très pragmatiques sur les questions de l’énergie et la réalité des problèmes. Le NETL a accepté. J’étais déjà sous contrat, et ils ont recruté Roger et Bob.

Nous étions en étroite coordination avec le NETL durant cette étude, de sorte qu’ils avaient des éléments et savaient ce qui allait en sortir. Mais quand ils ont vu le rapport final, ils ont étés choqués, bien qu’ayant su ce qui allait être publié. Il n’y a là aucun jugement négatif sur les membres du NETL. Lorsqu’on est préoccupé la plupart du temps par autre chose, les mauvaises nouvelles qui vous parviennent ne retiennent pas nécessairement votre attention immédiatement.

Une fois le rapport terminé, la direction du NETL ne savait vraiment pas quoi en faire, tant il était dérangeant et avait des implications majeures. Finalement, la directrice a décidé qu’elle allait l’endosser car elle prenait sa retraite et ne craignait plus rien, à ce qu’on m’a dit. Le rapport n’a pas fait l’objet d’une large publicité. Il a fini par être remarqué par un lycée quelque part en Californie ; ensuite le NETL l’a mis sur son site web. Le problème pour les gens du NETL – ce sont vraiment des gens biens – c’est qu’ils subissaient beaucoup de pression pour qu’ils ne soient pas porteurs de mauvaises nouvelles.

Question : pressions de qui ?

Hirsch : De personnes appartenant à la hiérarchie du DOE. Cela a été le cas sous les deux administrations, républicaine et démocrate. Il y a, je crois, de nombreuses preuves, et certains fonctionnaires du DOE sont allé jusqu’à préciser que des membres de la direction du DOE, sous les deux administrations, ont compris qu’il y avait un problème et ont bloqué les travaux sur cette question. Sous le président Bush, nous avions non seulement pu réaliser la première étude, mais également une étude de suivi traitant de la dimension économique de l’atténuation du pic pétrolier. Après cela, la visibilité, est devenue assez grande pour que l’on dise au NETL d’arrêter toute nouvelle recherche sur le pic pétrolier.

Oui, ce fut terrible. Et c’était strictement une question politique et de nominations politiques, je n’ai aucune idée du niveau dans l’administration (actuelle et précédente), où ces questions ont été et sont traitées. Des membres de l’administration Clinton ont parlé du pic pétrolier, dont le président Clinton et le Vice Président Gore, et c’est également vrai pour l’administration Bush, comme c’est le cas, d’après ce que je sais, pour l’administration Obama.

L’histoire du pic pétrolier est certainement l’histoire de mauvaises nouvelles. Il n’y a aucun moyen pour embellir la réalité, à l’exception peut-être de ce que j’ai fait parfois, c’est-à-dire de déclarer qu’en 2050, nous aurons réussi, nous aurons traversé la récession due au pic pétrolier – très probablement une très profonde récession. À un certain point, nous allons nous en sortir parce que nous sommes des êtres humains, et que nous ne nous décourageons pas. J’ai foi dans les gens en fin de compte. Mais ce sont de mauvaises nouvelles et tout responsable du gouvernement qui prendra la parole pour annoncer ces mauvaises nouvelles devra enchainer immédiatement en déclarant « voici ce que nous allons faire à ce sujet ». Mais personne ne semble prêt à cela.

Le pic pétrolier est un problème plus important que celui du système de santé, du déficit du budget fédéral, et ainsi de suite. Nous parlons de quelque chose qui, pour prendre une position médiane entre les prévisions apocalyptiques et l’optimisme inconscient de certains, sera extrêmement dommageable pour l’économie américaine et mondiale pour une très longue période. Il n’y a pas de remède miracle.

Question : Comment décririez-vous les enseignements majeurs que vous avez retiré de votre étude de 2005 ?

Hirsch : Ce que nous avons fait, consistait à étudier ce que serait un programme mondial d’urgence pour atténuer les conséquences [du pic]. Nous voulions savoir quel était le maximum de ce qui était humainement possible. C’est ce qui délimitait la recherche. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles, même dans les meilleures conditions, les choses ne peuvent pas et n’iront pas aussi vite que ce nous avions présupposé. Nous savions dès le départ que le système énergétique est énorme et que la quantité de produits finis dépendant du pétrole était considérable. Nous savions que cela ne pouvait pas être transformé rapidement, et que dans un certain nombre de cas, il n’y aurait rien à faire – car il n’existe aucune alternative aux combustibles liquides. Nous savions aussi que l’efficacité énergétique pourrait faire une grande différence, mais nous avons été surpris d’apprendre que l’amélioration des économies en carburants des véhicules serait beaucoup plus lente que ce que nous avions imaginé avant de faire notre analyse. Nous nous sommes aperçus qu’avec un taux de déclin de la production mondiale de pétrole qui allait atteindre plusieurs pourcents par an, cela prendrait très longtemps pour que les mesures de mitigation puissent compenser la baisse de la production mondiale de pétrole. Fondamentalement, notre résultat le plus important, c’était que le lancement d’un programme d’urgence mondial 20 ans avant que le problème n’apparaisse éviterait de graves problèmes. Si on ne commence que 10 ans avant on a beaucoup plus de difficulté, et si on attend jusqu’à la dernière minute, jusqu’à ce que le problème soit devenu évident, alors on est dans le pétrin pendant bien plus longtemps qu’une décennie. Au train où vont les choses, nous ne disposons plus des 10 ou 20 ans de ces deux scénarios.

Question : Quel ont été les réactions immédiates en dehors du gouvernement ?

Hirsch : Nous avons présenté le rapport à toutes sortes de publics, y compris des gens appartenant à la hiérarchie et aux comités de direction des académies [des sciences] nationales. Nous avons donné des conférences devant des publics profanes et avertis, et ce, depuis des années maintenant. Nous avons également publié des versions plus courtes dans divers médias. La réaction la plus fréquente que nous avons constaté était l’incrédulité : « cela ne peut pas arriver. » Mais ensuite, nombre de personnes en viennent à accepter, rapidement ou après réflexion, que ce raisonnement est correct, à la fois en termes de production mondiale de pétrole et en terme de mitigation. Il y a toujours certaines personnes qui rejettent le pic pétrolier, passant en fait à une contre-attaque, et qui argumentent contre. Je soupçonne que ce type de réactions que je viens de décrire est celui auquel se sont heurtés bien des gens qui travaillent sur le pic pétrolier.

Question : Quelle a été votre sentiment au sujet de l’atelier sur le pic pétrolier tenu par la National Academy of Sciences en octobre 2005 ? Qu’a-t-il produit, selon vous ?

Hirsch : Cela a été utile parce que nous avons rassemblé des points de vue divers, et que quelques discussions ouvertes ont eu lieu. Mais ces discussions ont pourtant été loin d’être satisfaisantes. En fait, les participants exprimaient leur position, mais il n’y avait pas de débat sur ce qui était réel ou pas, sur ce que sont les preuves, si elles sont solides. C’est la nature des ateliers de l’Académie. Ils sont mis en place, à juste titre, afin que soient présentées des positions, dans un but didactique et, éventuellement, ensuite, débouchent sur une étude plus détaillée menée par l’Académie. Les académies ne prennent pas de positions sans faire une analyse détaillée, et en soumettant ensuite cette étude à un processus de revue très attentif. Je pense que cette approche a bien fonctionné pour les académies. Mais dans ce cas particulier, avec des gouvernements désirant réduire au silence toute discussion ouverte sur le pic pétrolier, aucune suite ne fut donnée.

Question : A l’époque où vous avez publié votre rapport, il me semble que vous étiez resté volontairement neutre quant à la détermination de la date du pic pétrolier, afin que les lecteurs ne se focalisent pas sur cette question. Depuis la publication de l’étude, comment a évolué votre point de vue sur le calendrier du pic pétrolier ?

Hirsch : Tout d’abord, j’en savais assez sur la production pétrolière, ses incertitudes et ses inconnues pour comprendre qu’en abordant le sujet je ne pouvais pas émettre dès le début un jugement qui soit motivé. J’ai donc passé un certain nombre d’années à l’écoute de ce que les autres avaient à dire, à étudier leurs analyses, et à observer ce qui se passait dans le monde réel avant d’en arriver à ma propre conclusion. Ce n’était pas une question de politique. Cela tenait au fait que ce problème est extrêmement compliqué, qu’il y a beaucoup d’inconnues. En ce qui me concerne, je n’étais pas prêt à prendre position sur le calendrier sans avoir de nombreuses preuves qui étayeraient ma position. Il n’y a donc que depuis environ un an et demi ou deux ans que j’ai commencé à envisager une date probable pour la baisse de la production pétrolière mondiale, quelque part durant les cinq prochaines années.

Question : Etant donné là où nous en sommes aujourd’hui, si vous étiez nommé responsable des questions énergétiques, quelles initiatives politiques prendriez-vous ?

Hirsch : Si je participais au gouvernement à un haut niveau, je défendrais très fermement devant le président l’idée qu’il devrait prendre le leadership sur ce problème au plan national et international. Il faudrait qu’il étudie un peu, afin de saisir l’état de la question – qu’il le fasse tranquillement – et puis qu’il se lève et s’adresse au monde et à la nation : « nous avons un très grave problème et voici ce que mon gouvernement va entreprendre à ce sujet. » C’est en faveur de quoi je plaiderais car quelqu’un doit se lever et dire que le roi est nu. Cela sera très difficile parce que les gens n’aiment pas entendre de mauvaises nouvelles, et c’est une très mauvaise nouvelle. Au fur et à mesure qu’elle sera prise en compte, les marchés vont baisser et il y aura une récession en réaction immédiate, parce que les gens se rendront compte que c’est un problème tellement épouvantable que conserver une vision optimiste sur l’emploi et l’économie serait tout simplement irréaliste.

Question : Etant donné ce que sont nos dirigeants aujourd’hui, que devraient faire les « concernés du pic pétrolier » – une expression que vous avez utilisé durant l’atelier de 2005 – et qu’ils ne font pas aujourd’hui ?

Hirsch : J’aimerais le savoir. C’est un sujet qui, en toutes circonstances, est porteur de mauvaises nouvelles, mais c’est encore pire durant d’une récession. Mon approche consiste à présenter et discuter les faits et les réalités et à essayer de dissiper les confusions. Je ne pense pas qu’il soit judicieux, et ce n’est pas mon style, d’affirmer que le monde touche à sa fin, d’annoncer l’Apocalypse. C’est ma position. D’autres estiment que l’ l’Apocalypse est effectivement probable. C’est leur droit. Je crains que, quoi que nous fassions, nous ne parvenions pas à capter l’attention de l’opinion publique, jusqu’à ce que le prix du pétrole s’envole à nouveau et que les gens en souffrent. C’est ce qui s’est passé l’an dernier. Ce problème retenait de plus en plus l’attention lorsque le prix du pétrole a augmenté parce que 1) les gens en souffraient, et 2) ils savaient que quelque chose n’allait pas. L’opinion est préoccupée en ce moment par la récession, et les gens ne veulent pas recevoir de mauvaises nouvelles venant s’ajouter à celles auxquelles ils sont déjà confrontés. J’aimerais être optimiste et dire qu’il existe une sorte de baguette magique, mais si c’est le cas je ne sais pas où elle se trouve.

Question : Autre chose, pour conclure ?

Hirsch : J’ai essayé de sortir des sentiers battus pour ce qui est de faire passer le message et d’attirer l’attention de l’opinion. Je n’ai rien trouvé de plus que ce que je suis déjà en train de faire, sinon écrire un livre, ce que nous venons de commencer. Mais d’autres gens ont d’autres idées, possibilités et relations. Je leur suggérerais donc d’imaginer les démarches qui permettraient, de façon rationnelle et raisonnable, que plus de décideurs s’impliquent 1) dans la prise en compte du problème et 2) contribuent à faire qu’il soit pris en compte au plus haut niveau gouvernemental. Ainsi des mesures sérieuses pourraient commencer à être prises.

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Le rapport complet est disponible ici: PDF DOE – PEAKING OF WORLD OIL PRODUCTION : IMPACTS, MITIGATION, & RISK MANAGEMENT

Le pétrole profite de la croissance européenne

Posted by Yanik Déry On août - 14 - 2009

Le pétrole profite de la croissance européenne

L’activité de la zone euro ne s’est contractée que de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au précédent. Et l’Allemagne et la France ont enregistré une expansion de leur économie, à la surprise des économistes.

Ces statistiques ont renforcé l’optimisme né des commentaires de la banque centrale américaine, qui a estimé mercredi que l’activité de la première économie mondiale se stabilisait.

Pour le marché, cela signifie que «l’activité se stabilise plus rapidement qu’anticipé et que nous allons sortir plus vite de la récession, ce qui va se traduire par une progression de la demande» de pétrole, a estimé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Article complet sur Cyberpresse: ici

Entrevue avec Jeff Rubin

Posted by Yanik Déry On juin - 16 - 2009

Jeff RubinUne entrevue de Chris Arsenault, du site Internet www.ipsnews.net, avec Jeff Rubin. Ce dernier est toujours en tournée de promotion pour son dernier livre « Why Your World is About to Get a Whole Lot Smaller » prédisant la fin de la mondialisation (on vous disait bien que sa notoriété lui ouvrirait les portes des médias et amènerait le peak oil à l’avant-scène!).

Dans cet entrevue, il amène un point extrêmement important qui explique en partie pourquoi, encore, dans l’opinion publique, il y a tant de gens qui ne « croient » pas ce que Rubin, ce site, ou les « peakistes » en général racontent. En parlant des CERA (Cambridge Energy Research Associates), Exxon et autres « optimistes », il mentionne avec justesse que ces derniers font grand état de la moindre découverte de pétrole, si difficilement accessible soit-elle, ou si petite soit-elle, sans jamais parler des champs actuels qui sont déjà en déclin, parfois à un rythme accéléré (cantarell, Mer du Nord…).

You are losing sight of what the Cambridge Energy Research Associates and Exxon don’t tell you about. They hold big press conferences to talk about ‘oh we just discovered the Jack Field – 10,000 feet under the hurricane ravaged waters of the Gulf of Mexico, isn’t that fantastic’.

They don’t hold press conferences [to announce] ‘see this field here? It has been producing for 50 years. It’s about to run dry.’

Every year we lose four million barrels a day [of production due to depletion]. Over the next five years, we are going to have to find 20 million barrels a day of new production, just so that we can [continue to] consume what we consume today.

Article complet (en Anglais) sur le site de IPS News: Q&A: « The Global Crisis Is Really About a 140-dollar Barrel of Oil »

Encore ces VUS!

Posted by Yanik Déry On juin - 16 - 2009

Très intéressant article ce matin sur Cyberpresse par Jacques Duval. Selon lui, l’administration Obama a manqué une belle occasion dans sa restructuration de l’industrie automobile aux États-Unis. Ce fléau que représente les VUS (Véhicules sport utilitaire) est encore bien trop présent dans les cours des concessionnaires et l’attitude et le comportement des consommateurs n’a pas autant évolué qu’on voudrait nous le laisser croire.

On aurait pu croire qu’avec la crise économique et un prix du carburant qui se dirige allègrement vers les 2 $ le litre comme en Europe on verrait le bon sens faire surface.

J’espérais bien aussi que le plan de restructuration de General Motors nous ferait voir une franche diminution dans la production de ces véhicules, mais c’était rêver en couleurs. Les conseillers de M. Obama ont laissé passer dans le filet de sécurité huit VUS alors que trois auraient suffi amplement à satisfaire aux exigences du marché: un modèle compact, un autre de format moyen et un gros engin pour la dure besogne. Au moins, on nous a débarrassés des Hummer.

Article complet ici: Haro sur les SUV!

La fin du monde (tel qu’on le connaît), selon Jeff Rubin

Posted by Yanik Déry On mai - 28 - 2009

L’ancien Économiste en Chef de la CIBC, Jeff Rubin, remet ça. Celui qui nous a habitué à des déclarations chocs et des prédictions souvent controversées, comme le baril de pétrole à 100$, est à promouvoir son nouveau livre Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller.

« Converti » aux théories du pic pétrolier depuis sa rencontre de 2000 avec le réputé géologue Irlandais Colin Campbell, Rubin a quitté son poste à la CIBC en mars dernier afin de se consacrer entièrement à l’écriture de son bouquin et par le fait même, à faire connaître la menace du « peak oil » à un vaste public.

Le livre reprend en gros ce qui se discute depuis des années dans des cercles relativements restreints de géologues et d’économistes, soit les conséquences concrètes de l’atteinte du pic de production pétrolière. Baril de pétrole à 100$ d’ici quelques mois, à 200$ d’ici 4 ans, fin de la mondialisation économique tel qu’on la connaît, révolution majeure dans les modes de transport, retour à l’économie « locale »… bref, autant de sujets abordés ici et ailleurs chez les « peakistes »!

L’importance de la nouvelle? Jeff Rubin SAIT faire parler de lui. En quittant son poste à la CIBC, il a maintenant la liberté de parole et d’action qui lui manquait pour faire campagne. Il a toujours ses entrées dans les médias et ses contacts sur Bay Street, ce qui fera de lui un acteur important du dossier du pic pétrolier pour des années à venir.

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Sources:

Sur Cyberpresse ce matin: La fin du monde (tel qu’on le connaît) est proche
Dans Les Affaires: Que devient Jeff Rubin ?
Reuter, plus tôt cette semaine: http://www.reuters.com/article/GCA-Oil/idUSTRE54P4O520090526

Son livre est disponible sur Amazon ici.

La Chine place ses pions!

Posted by Yanik Déry On mai - 20 - 2009

China

Depuis déjà plusieurs années, la Chine montre un taux de croissance dépassant les 10% et un excédent commercial de centaines de milliards de dollars. En 2008 seulement, malgré la crise financière et la contraction du commerce mondial, elle montre un accroissement de son PIB de l’ordre de 9%. C’est évidemment loin des 13% montrés en 2007, mais avec un excédent commercial de près de 300 Milliards $US, elle a en main les outils nécessaires afin de relancer son économie, de la ré-orienter et de la préparer pour l’avenir. C’est précisément ce à quoi on assiste ces derniers mois.

Le plan de relance de la Chine face à la crise, par le biais d’investissement colossaux dans les infrastructures publiques et par des programmes de soutien pour l’achat de véhicules et d’habitations, vise essentiellement à soutenir la demande intérieure, en réponse à la baisse des exportations. Grâce à ces mesures, la consommation des ménages est en croissance stable de 16% au premier trimestre 2009. Pour l’année 2009 on pévoit un croissance globale entre 6% et 7%.

C’est surtout au niveau des investissements à l’étranger et de l’achat et le stockage de ressources que la Chine se démarque des autres puissances économiques dans sa réponse à la crise. Pendant que le reste de l’économie mondiale est paralysé par une crise du crédit sans précédent, où tant les États que les compagnies et les ménages sont endettés jusqu’à en être pris à la gorge, la Chine se prépare à faire face à une éventuelle reprise en achetant tout ce qu’elle peut sur les marchés des matières premières. Devenu le grand argentier de la planète grâce à ces immenses réserves de change, estimées à 2 000 milliards de $US, elle multiplie les ententes économique, les acquisitions d’entreprises et surtout, les contrats d’approvisionnement en ressources et en pétrole.

Dans un entente signée mardi dernier entre Pétrobas et la China Development Bank, cette dernière prête 10 Milliards $US à la pétrolière en échange d’un contrat d’approvisionnement garanti de 200,000 bpj pendant 10 ans. Cette entente, de même que les 13 autres signées par la même occasion, entre autres dans les domaines de la science, de l’agriculture et des sports, fait de la Chine le plus important partenaire commercial du Brésil, devançant maintenant les États-Unis, avec un commerce bilatéral atteignant en avril plus de 3,2 Milliards de $US.

Cette entente fait suite à celle signée en février avec la Russie où la Chine prêtait cette fois 25 Milliards de $US à deux pétrolières russes, Transneft et Rosneft, en échange d’un contrat d’approvisionnement de 300 Millions de tonnes de brut sur 20 ans. La construction de la portion chinoise du pipeline devant relier la Sibérie et la Chine a même débutée cette semaine. Même chose au Venezuela ou un prêt de 4 Milliards $US garantie un approvisionnement de 200,000 bpj. D’autres ententes semblables sont en cours de négociations avec le Kazakhstan et l’Angola.

Les investissement étranger touchent également l’aluminium, le zinc et le minerai de fer. Que ce soit en Amérique Latine, en Afrique, en Asie-Centrale, au Moyent-Orient ou en Australie, la stratégie est la même: profiter des difficultés financières ou des besoins de financement des entreprises, souvent même des compagnies nationales, pour acquérir des participations toujours plus importantes afin de se garantir des contrats d’approvisionnement et de se protéger contre les hausse éventuelles du prix des matières et la dévaluation du dollar US.

Pendant que les États-Unis investissent des milliards dans ses banques moribondes et tentent désespérément de sauver de la faillite ses constructeurs automobiles, il semblerait que la prochaine partie sur l’échiquier de l’économie mondiale soit déjà commencée. Et lorsque les États-Unis réussiront enfin à s’asseoir à la table, j’ai bien peur qu’il ne lui manque quelque pions pour faire face au joueur d’en face!

Sources:
Rebond de la croissance chinoise au premier trimestre
China signs $10 bln loan-for-oil deal with Brazil
New Strategies for China’s Energy Quest
Cash is king : les Chinois en position de force
La Chine joue la hausse du fer

Image- Mercopress (Le Vice-Président Chinois Xi Jinping rencontre le Président brézilien Luiz Inacio Lula da Silva en Février dernier)

Le Plan Obama pour l’automobile

Posted by Yanik Déry On mai - 20 - 2009

Depuis le temps qu’on en parle, ça y’est!

Un accord historique présenté hier par le Président Barrack Obama imposera aux constructeurs automobiles de nouvelles normes anti-pollution réduisant du tiers l’émission de gaz à effets de serre (GES). Le plan vise également à réduire significativement la consommation moyenne des voitures et des camions légers, la faisant passer à 6,63 litres aux 100 km. Les constructeurs auront jusqu’en 2016 pour se conformer; c’est 4 ans plus tôt que prévu initialement.

Selon le gouvernement américain, ces nouvelles normes permettrait d’économiser l’équivalent de 1,8 Milliard de barils de pétrole et de réduire les émissions de GES de 900 millions de tonnes. L’objectif double est de lutter contre les changements climatiques et de réduire leur dépendance au pétrole étranger.

S’il faut applaudir ce changement au sud de la frontière, il faut demeurer réaliste. Nous sommes loin de la révolution nécessaire pour faire face au double défi des changements climatiques et du pic pétrolier. Le changement était nécessaire parce que techniquement réalisable, mais il ne doit s’agir que d’une première étape vers une réorganisation complète des transports.

Ces nouvelles normes, qui ne font que rejoindre celles de l’Europe (6,42 litres aux 100km) et du Japon (6,28 litres aux 100km), n’auront que peu d’impacts sur la dépendance au pétrole, sur les effets du pic et sur les habitudes énergivores des américains, tant et aussi longtemps que les réponses à ces problématiques seront business as usual. Peu importe qu’on en change la recette, le rêve américain et une économie basée sur l’industrie automobile sont insoutenables.

Les problèmes du Lithium…

Posted by Yanik Déry On mai - 1 - 2009

Une des solutions envisagée pour contrer les effets du pic pétrolier est l’utilisation toujours grandissantes des véhicules hybrides et électriques. Ces véhicules nécessitent cependant le stockage d’électricité dans des batteries performantes à base de lithium. Les piles actuelles lithium ion, ou les toutes nouvelles lithium phosphate et lithium manganèse requiert l’extraction d’une ressource qui, tout comme le pétrole, n’est évidemment pas illimitée.

Dans un excellent article publié ce matin sur le site du National Post, David Booth dresse un portrait des réserves disponibles de lithium et des perspectives d’avenir quant à une commercialisation grandissante de la ressources.

On the pessimistic side, there is William Tahil, author of the research paper The Trouble with Lithium, who estimates the world’s lithium reserves at about four million tons. He claims the production of hybrid and electric cars will soon tax the world’s production of lithium carbonate. At the other end of the spectrum is Keith Evans, who has released An Abundance of Lithium, a report estimating there are 28 million tons of the base metal to be had, plenty enough to go around. Somewhere in the middle of these two opposing viewpoints is the United States Geological Survey’s somewhat dated estimate of 11 million tons.

Trois pays se partagent 50% de la production mondiale actuelle, soit la Chine, l’Argentine et l’Australie. Les plus grandes réserves restantes – environ 40% des réserves totales – se trouvent… en Bolivie! N’est-il pas ironique de voir les États-Unis prendre le virage du renouvelable et des voitures électriques/hybrides afin de « s’affranchir » d’États producteurs de pétrole comme le Vénézuela de Hugo Chaveze et ainsi se retrouver dans une autre situation de dépendence à une ressources, cette fois possédée par son bon ami Evo Morales!

Évidemment des substitut existent pour les batteries, comme par exemple la batterie NiMH de la Pirus et les technologies vont continuer d’évoluer. Il faut quand même se rendre compte de la difficulté, voir l’impossibilité, de remplacer efficacement une énergie aussi puissante et bon marché (jusqu’à maintenant) qu’est le pétrole à une échelle aussi grande.

À lire sur le National Post: Motor Mouth: The problem with lithium

Petite histoire de l’argent…

Posted by Yanik Déry On avril - 24 - 2009

« L’argent dette »

J’ai vu ce video pour la première fois il y a plusieurs mois. À ce moment, le prix du baril de pétrole était encore bien au-dessus de 100$ et c’était le début de la crise des « subprime ». Je me souviens du vertige que je ressentait de penser que ce système d’argent-dette allait s’effondrer dès que la croissance exponentielle ne serait plus possible.

Aujourd’hui, au coeur d’une récession et d’une crise financière d’une ampleur comparable à la grande dépression, et mettant en relation le pic pétrolier et l’exploitation sauvage des ressources, il n’y a plus de questions, votre honneur! Je déclare l’accusé coupable! Ce n’est pas seulement l’idée de croissance qui est à revoir, mais tout le système de création et distribution de l’argent.

À voir ABSOLUMENT!


L’Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

Ce long métrage d’animation, dynamique et divertissant, de l’artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D’ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous.

Croissance, PIB et autres farces du FMI…

Posted by Yanik Déry On avril - 23 - 2009

… du FMI, de la Banque Mondiale, de la Réserve Fédérale, des grandes banques, des dirigeants d’entreprise, des caisses de retraites, des gouvernements…

………….

Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé, dans son rapport sur « les perspectives de l’économie mondiale » publié ce mercredi, ses prévisions pour l’économie mondiale. Elles sont très pessimistes, évidemment. Le monde devrait rentrer en 2009 dans une récession profonde avec un recul de son PIB de 1,3% cette année. Bravo, on enlève les lunettes roses.

Parce que pas plus tard qu’il y a 9 mois, ce même FMI misait sur une croissance mondiale de 4.1% pour 2008 et 2.9% pour 2009. Loins de moi l’idée de ridiculiser des prévisions faites, on l’espère, en toute bonne foi, parce que, de ce côté-ci des « peakistes », on n’en est pas à une contradiction près!

Maintenant au coeur de ce que les gourous de l’économie mondiale appelle une « crise de confiance », n’est-il pas ironique que l’on continue à lire et analyser ces chiffres comme s’ils étaient paroles d’Évangile? N’est-il pas ironique également de voir que ces mêmes gens, qui analysaient, dérégulaient, prêtaient et commentaient son aujourd’hui ceux qui ont la tâche de remettre le train sur les rails? Sur les même rails?

Ces prévisions sont toujours faites en ne tenant compte que du connu: taux de chômage, taux d’intérêts, investissements, ventes aux détails etc. Logique vous me direz! Pas si sûr…On base un système entier sur la croissance infini et sur des théories économiques sorties du moyen-âge (la main invisible), en ne considérant à peu près pas d’externalités. On a imaginé un système, aidé par les média-gagas, qui s’auto-régularise, qui s’auto-moralise et surtout, dont les ressources ne s’épuisent pas!

Alors quand ils nous sortent des chiffres… bof! Ça doit être ça, une crise de confiance!

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