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PIC PÉTROLIER.net est un site dédié au pic pétrolier (peak oil) et à son impact sur l’économie et sur la société en général. Notre but est de faire connaître les problèmes reliés à l'atteinte du pic de production de pétrole au niveau mondial et d'en envisager les conséquences et différentes pistes de solution. Sans aucune prétention scientifique, ce site se veut donc un document d'accompagnement alors que nous nous aprêtons à vivre la fin de l'Âge du Pétrole!

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Le mirage Saoudien

Posted by Yanik Déry On avril - 26 - 2011

Les récents évènements en Libye ont ramené la capacité de production pétrolière de l’Arabie Saoudite (AS) à l’avant-plan du dossier énergétique. Après des semaines d’incertitude, voilà que le Royaume annonce en grande pompe avoir augmenté sa production à 9 millions de barils par jour (M bpj) et que sa capacité de production excédentaire peut combler l’arrêt des exportations de brut venant de la Libye, à savoir environ 1,3 M bpj. Or, malgré une baisse temporaire des prix au moment de cette annonce, et une baisse sur les marchés internationaux durant trois jours consécutifs la semaine dernière, les pressions à la hausse restent importantes, au point ou les prix actuels se rapprochent des sommets historiques de 2008 qui avaient contribué à plonger le monde dans la plus grande récession depuis la crise de 1929.


Ce matin (26 avril 2011), le Brent se transige à 124$ÉU, le WTI à 112$ÉU et la hausse des dernières semaines se poursuit. Il semble de plus en plus évident que plus personne ne croit réellement aux capacités du Royaume saoudien d’augmenter significativement sa production et ses exportations pour une longue période. À ce propos, les révélations de l’automne 2009 du whistleblower de l’International Energy Agency (IEA) parues dans The Guardian, à l’effet que les réserves mondiales, et particulièrement saoudiennes, étaient largement surestimées, révélations confirmées par les câbles wikileaks publiés en février dernier, contribuent largement au climat de scepticisme par rapports aux prétentions saoudiennes, et donc à l’augmentation actuelle des prix.


Même si les dernières données disponibles montrent une augmentation de la production saoudienne depuis l’automne 2010, pour environ 500 000 bpj, dont à peine quelques milliers de barils depuis le début du conflit libyen, les données publiées pour février et mars 2011 montrent justement que la production du Royaume ne compense absolument pas pour la baisse de production en Libye (Analyse et graphiques sur TheOilDrum.com, en anglais). L’augmentation de la production est plutôt due à la très forte croissance de la demande intérieure du pays, surtout en prévision de l’été, la « haute saison » pour la consommation énergétique dans le pays, alors que la climatisation tournera à son maximum. Et c’est là que les milliards de barils enfouis dans le désert et plus encore les millions de baril par jour de capacité excédentaire, qu’ils soient fictifs ou réels, deviennent un mirage.


La croissance économique actuelle de l’Arabie Saoudite est le véritable game changer. Entre 1965 et 2005, sa population est passée de 5 à 25 millions d’habitants. Depuis 2000 seulement, l’augmentation se chiffre à 20%, alors même que le taux d’accroissement naturel reste encore très élevé, à 2,7% par année (Image Économique du Monde 2010). La consommation énergétique intérieure est pour sa part passée à 2,4 M bpj en 2009, une augmentation de 50% depuis 2000. Les autorités saoudiennes ont souvent répété que l’AS pouvait augmenter sa production à 12,5 M bpj et même davantage (ici, ici, ou encore ici) alors que personne ne regarde les chiffres qui comptent vraiment: les exportations. Le pays exporte moins aujourd’hui qu’il n’exportait en 2005. En fait, les exportation sont en baisse constante depuis 2006. Ce qu’il faut savoir également, c’est que le Royaume utilise le pétrole et le gaz naturel pour produire son électricité. Au total de la consommation énergétique, le gaz naturel compte pour 44% alors que le pétrole et ses dérivés (essence, diesel, kérosène…) comblent le reste. La désalinisation est une autre source importante de consommation d’énergie. Quelque 70% de l’eau potable de l’AS provient de l’une des 27 usines de désalinisation, qui requièrent des quantités phénoménales d’énergie, soit environ 1,5 M bpj.


Plus important encore, si toutes ces tendances se maintiennent, c’est presque une lapalissade d’affirmer que le pire reste à venir. En 2010, avant même les troubles en Tunisie et partout au Moyen-Orient, le ministère de l’Économie et du Développement (Arabie Saoudite) avait fait part de son nouveau plan de développement. Ce plan visait à accroître d’avantage le développement économique afin d’assurer les besoins d’une population grandissante. Les grandes lignes du plan étaient les suivantes:

    • Intensifier les efforts afin d’augmenter le niveau de vie des citoyens
      Créer des emplois
      Équilibrer le développement parmi les régions du Royaume
      Développer les infrastructures
      Augmenter la compétitivité de l’économie et des produits nationaux
  • Au niveau politique, on peut traduire cela par: « acheter la paix sociale ». Au niveau économique, on peut parler de « cannibaliser » les ressources. Une croissance démographique et économique parmi les plus importantes de la planète, jumelée à une politique de « stimulation » de la consommation et dans une certaine mesure de la valorisation du mode de vie euroaméricain, dans un pays ou le revenu par capita est parmi les plus élevés au monde, le résultat net est clair et sans appel: les exportations nettes de l’Arabie Saoudite sont entrées dans leur déclin final et l’AS cessera d’être un exportateur de pétrole beaucoup plus tôt que ne le prévoyaient les spécialistes.


    Quand? Les paris sont ouverts. Selon les données actuelles sur la croissance saoudienne, le Royaume pourrait consommer entre 6 et 8 M bpj en 2030, alors que les prévisions de production avoisinent justement les 8 M bpj! Autrement dit, quelque part entre 2020 et 2030, il ne restera que des miettes à exporter. L’observateur pourrait alors penser que rien ne presse parce qu’il reste probablement plus qu’une décennie pour s’ajuster, comme dans le cas plus global du pic pétrolier mondial, mais il serait dans l’erreur. Les récents évènements du « printemps arabe », et particulièrement le cas de l’Égypte, apportent un nouvel éclairage qu’aucun média mainstream n’a mentionné jusqu’à maintenant. L’Égypte est en ce moment même en train de passer d’exportateur net à importateur de pétrole. Même si les quantités en jeu restent minimes par rapport à l’Arabie Saoudite – une production d’environ 665 000 bpj en 2010 – le résultat net est que le pays a perdu les dizaines de millions de dollars par mois de « rente » pétrolière qu’il a retirée depuis la fin des années 1970, et qui avait justement contribué à son fulgurant développement à partir des années 1990. Mais, aussi et surtout, il a perdu la capacité financière de subventionner fortement le prix de nombreuses denrées de base, dont le pain. À cet égard, les émeutes de la faim de 2008 n’étaient qu’un prélude à ce qui s’est passé plus tôt cette année.


    Il est donc plausible de croire que de graves troubles sociaux puissent aussi survenir en Arabie Saoudite dans les années à venir, au fur et à mesure que les exportations baisseront. Comme dans le cas actuel de la Libye, où fait rage une guerre civile, ou dans le cas du Nigéria, où la rébellion se poursuit, l’instabilité politique et sociale a des impactes majeurs sur la production et, plus important encore, sur les exportations. À la lumières des données citées précédemment, et si rien ‘est fait pour renverser la tendance, l’actuel Royaume d’Arabie Saoudite pourrait bien cesser d’exister bien avant que ne cessent ses exportations.

    Égypte

    Arabie Saoudite


    * En gris, la production, en vert, les exportations, alors que la ligne noire indique la consommation


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    Note: Les données sur l’Arabie Saoudite sont tirées d’un important dossier préparé par Johnathan Callahan PhD, et publié sur TheOilDrum (What is “our” oil doing in their economy? — Saudi oil consumption trends). Vous y trouverez graphiques, références et beaucoup d’autres données. Je vous suggère fortement la lecture de ce dossier de même que les discussions et les commentaires qui suivent où il est beaucoup question des perspectives politiques, économiques et sociales découlant de l’analyse de ces données.

    Le pétrole n’est pas toujours une ressource

    Posted by Yanik Déry On janvier - 12 - 2011

    COLLABORATION SPÉCIALE:
    Par Steve DÉRY
    Professeur agrégé, Département de géographie, Université Laval
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    Le débat sur l’exploitation potentielle du pétrole dans le golfe Saint-Laurent au Québec, et incidemment sur celui des gaz de schistes à la une du débat public actuel, est faussé; et c’est en grande partie parce que des données de base ne sont pas intégrées aux « calculs ».

    Le pétrole, une ressource?

    Géographie économique 101 : qu’est-ce qu’une ressource? Les dictionnaires en donnent une définition beaucoup trop vague pour être utile : « moyen naturel dont dispose une collectivité ». En fait, une ressource n’existe que sous deux conditions : 1) elle doit être connue ; 2) on doit être en mesure de l’exploiter. Sans humain donc, pas de ressource. Cela veut dire aussi qu’il n’y a pas vraiment de ressource « naturelle » ; elles sont toutes socialisées, c’est-à-dire qu’elles sont le produit d’une relation entre les humains et la matière. Lorsqu’une matière première présente des caractéristiques, des propriétés intéressantes, son utilisation par les humains la transforme en ressource. Une pierre trouvée sur une grève quelconque, si elle est suffisamment lourde, plate sur deux côtés et jolie, elle peut devenir un appuie-livre pour le passant. La ressource est donc le produit d’une relation entre les humains et la matière première. À ce titre, on peut même remonter le temps de quelque 60 ans au Québec pour se rendre compte que les R de la réutilisation, récupération, recyclage, et même réparation (est-ce devenu un tabou ?) étaient la norme dans tous les foyers sans que l’on en fasse grand cas. Les vrais « déchets » étaient plus rares, alors que tout était gardé le plus possible (pour redevenir une ressource !).

    Est-ce que le pétrole du Québec et les gaz de schistes sont une ressource ? Ici, il faut préciser la question et faire intervenir un peu de jargon de géographie économique avec la notion de RÉSERVE. On distingue les réserves connues des réserves projetées par le fait que les premières sont disponibles pour l’exploitation dans les conditions actuelles de technologie et de prix, mais qu’elles ne sont pas exploitées ; les secondes (les réserves projetées) sont les ressources estimées en tenant compte des découvertes éventuelles et de l’évolution des conditions technologiques et de prix ; bref, il faut les conditions qui permettent l’exploitation.

    Malheureusement, l’économie capitaliste et ses chantres ont la malencontreuse habitude d’externaliser le plus possible, c’est-à-dire de ne pas tenir compte, ou le moins possible, ce qui pourrait déranger leurs calculs de rentabilité : exit les mesures sociales (comme en Chine), exit les préoccupations environnementales (comme en Alberta). Quelles sont les conditions à partir desquelles nous devons établir un jugement pour définir si cette matière première doit devenir une ressource ou non pour le Québec ?

    Des conditions gagnantes ?

    1) L’industrie pétrolière et celle des gaz de schistes nous affirment que le Québec s’enrichirait avec les développements qu’ils nous proposent dans le Golfe et la vallée du fleuve Saint-Laurent. Certes, les compagnies y trouveront certainement leur compte; un nombre important d’emplois seront assurément créés et, pendant un certain temps, le gouvernement pourra vraisemblablement profiter de cette manne, d’autant plus que les prix demandés pour ces produits ne suivront pas une courbe descendante. Il y a toutefois plusieurs hics qui risquent mettre du sable dans ce bel engrenage qui n’a pas encore servi.

    2) Le pétrole est une ressource sur son déclin, c’est indéniable. Les quelques découvertes supplémentaires (comme les gisements potentiels du Golfe Saint-Laurent) sont « compensées » par les épuisements plus rapides constatés, comme les gisements potentiels de l’Alaska, qui renfermeraient 90% de moins que ce qui avait d’abord été estimé en 2002, selon le US Geological Survey (rapporté par CNN et l’Association for the Study of Peak Oil & Gas – ASPO : http://www.peakoil.net/, 27 octobre 2010). En fait, il est généralement admis que le pétrole et le gaz naturel seront épuisés avant 2100. Compte tenu de l’espérance de vie actuelle, plusieurs enfants nés depuis 15 ans vivront jusqu’à cette époque. Les quelques centaines de centenaires actuels verront leur cohorte se compter en dizaines de milliers au Québec, dès 2050. Bref, 2100, c’est après-demain en terme de planification économique pour l’ensemble du Québec.

    3) La condition précédente signifie que l’exploitation du pétrole au Québec ne peut être que temporaire. L’économie mondiale aura à se diriger vers un après-pétrole de gré (comme en Suède, Le Devoir, 23 et 24 octobre 2010), ou de force. Et cette transformation aura des coûts; et ils seront énormes! Ils seront d’autant plus élevés si on étire l’élastique encore davantage en investissant des sommes faramineuses pour démarrer chez nous une industrie vouée à être remplacée au cours des prochaines décennies. Toutes ces usines construites, tous ces emplois créés devront éventuellement être reconvertis.

    4) Par ailleurs, d’autres coûts seraient aussi associés au démarrage (c’est bien de cela dont il s’agit) de l’exploitation pétrolière au Québec – avec 100 ans de retard sur le reste de la planète – et à celle des gaz de schistes. Ce sont les coûts sur les autres actifs du Québec, c’est-à-dire les autres ressources projetées, qui elles formeront vraiment une base cruciale dans la nouvelle économie du Québec : eaux, sols, forêts, pêches, etc. En géographie économique 101, il est dit que ce sont des ressources renouvelables. En fait, elles ne le sont que potentiellement. Le mot « potentiellement » sert de mise en garde ici car le potentiel peut être détruit. Une fois que les industries auront siphonné le pétrole, aspirer les gaz et fait le plein goulument, il est fort à parier que les coûts touchant ces autres actifs seront beaucoup plus élevés que les bénéfices engrangés par les citoyens et le gouvernement du Québec (ici, les bénéfices des compagnies n’entrent pas en ligne de compte).

    Ces coûts toucheront, premièrement, la réhabilitation des terres dégradées directement ou indirectement : par leur transformation en terrain à vocation industrielle, pour les infrastructures routières, gazières, pétrolières, etc.; par l’exploitation; par les accidents (il y en a toujours, plus ou moins sérieux selon les cas); par la digestion de toutes ces ressources dérivées, en particulier celles provenant de l’exploitation du pétrole, comme les engrais chimiques, les plastics divers, qui emplissent nos sites d’enfouissement (qui ont de vrais coûts, sur des vrais factures de citoyens, n’en déplaisent aux économistes). Deuxièmement, c’est tout l’écosystème du fleuve Saint-Laurent qui sera à risque, entre autres car les transports y seront plus nombreux sur le fleuve et près du fleuve (réseaux autoroutiers et ferroviaires). Dans cette même veine, troisièmement, le risque pour les pêches du Québec sera multiplié plusieurs fois. Quatrièmement, les ressources en eau, une vraie ressource actuelle pour tous les Québécois, autant celles du fleuve que celles des nappes phréatiques utilisées par la population, seront davantage à risque. Ici, il est à peu près certain que le développement d’une industrie pétrolière et gazière au Québec augmentera significativement les coûts de traitement de l’eau. Enfin, s’agissant toujours de pollution, cinquièmement, lancer le Québec sur cette voie signifie que les efforts pour réduire notre dépendance à l’endroit de l’automobile n’iront nulle part et que les coûts associés à la congestion automobile, à la pollution urbaine, et aux épisodes de smogs resteront très élevés.

    Un Québec du XXe ou du XXIe siècle?
    La question qui nous est posée ici dans ce débat est celle-ci : souhaitons-nous étirer l’élastique de l’économie pétrolière au maximum, tout en sachant qu’il nous pètera à la figure avec plus de vigueur au bout du compte, en lançant le Québec dans une industrie du XXe siècle vouée au déclin? Cela aurait aussi pour effet de placer le Québec en queue de course dans le développement d’une économie du XXIe siècle, moins polluante et moins énergivore. Le retard pris actuellement se mesurera alors en décennies. Lorsque le pétrole sera épuisé et qu’il faudra éventuellement reconvertir notre économie, les couts seront beaucoup plus élevés pour tous. Ce bref examen des conditions entourant le potentiel pétrolier et gazier du Québec incite à REFUSER CATÉGORIQUEMENT que le pétrole et les gaz de schistes qui se trouvent dans notre sous-sol ne deviennent des ressources, pour le plus grand bien du Québec du XXIe siècle.

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    COLLABORATION SPÉCIALE:
    Par Steve DÉRY
    Professeur agrégé, Département de géographie, Université Laval
    2405, rue de la Terrasse, Québec (QUÉBEC), Canada, G1V 0A6
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    Oilwatch Monthly – Août 2010

    Posted by Yanik Déry On août - 31 - 2010

    Oilwatch Monthly est une newsletter publiée chaque mois par l’ASPO Nederland et distribuée gratuitement. Elle contient les plus récentes données de production mondiale, de demande, de capacité excédentaire, des stocks et des exportations. Le document peut être téléchargé gratuitement à partir du site The Oil Drum.

    Vous pouvez suivre la discussion ici: Oilwatch Monthly – Août 2010.

    Oilwatch Monthly – Avril 2010

    Posted by Yanik Déry On avril - 28 - 2010

    Oilwatch Monthly est une newsletter publiée chaque mois par l’ASPO Nederland et distribuée gratuitement. Elle contient les plus récentes données de production mondiale, de demande, de capacité excédentaire, des stocks et des exportations. Le document peut être téléchargé gratuitement à partir du site PeakOil.nl.

    Vous pouvez suivre la discussion sur TheOilDrum: Oilwatch Monthly – Avril 2010.

    Oilwatch Monthly – Février 2010

    Posted by Yanik Déry On février - 25 - 2010

    Oilwatch Monthly est une newsletter publiée chaque mois par l’ASPO Nederland et distribuée gratuitement. Elle contient les plus récentes données de production mondiale, de demande, de capacité excédentaire, des stocks et des exportations. Le document peut être téléchargé gratuitement à partir du site TheOilDrum.com.

    Vous pouvez suivre la discussion sur TheOilDrum: Oilwatch Monthly – Février 2010.

    Nouveau rapport: The Oil Crunch

    Posted by Yanik Déry On février - 23 - 2010

    Oil Crunch in UKC’est la semaine dernière que le Industry Taskforce on Peak Oil and Energy Security (ITPOES) a publié son deuxième rapport sur la menace d’un choc énergétique d’envergure pour le Royaume-Uni et le reste de la planète: The Oil Crunch; A Wake-Up call for the UK economy. Si le premier rapport du groupe en 2008 (The Oil Crunch; Securing the UK’s energy future) n’avait pas attiré l’attention suffisemment pour que des actions concrètes soient prises, la sortie de celui-ci reçoit une couverture médiatique d’envergure, grâce entre autres à la présentation de Richard Branson, multi-milliardaire fondateur de Virgin Group, qui ne manque pas d’attirer les flash des caméras. Serait-ce assez pour que cette fois-ci la classe politique prête l’oreille? Ça reste à voir.

    Parce que les conclusions sont claires: le Royaume-Uni se dirige vers un choc énergétique sans précédent d’ici 5 ans si rien n’est fait! Pour les habitués de la question, rien de nouveau sous le soleil. Chaque étude sérieuse abordant la question du peak oil revient inlassablement avec le même constat: si on ne fait rien maintenant, « we’re screwed »!

    As we reach maximum oil extraction rates, the era of cheap oil is behind us. We must plan for a world in which oil prices are likely to be both higher and more volatile and where oil price shocks have the potential to destabilise economic, political and social activity.

    Our message to government and businesses is clear. Act now.

    The Taskforce states the impact of Peak Oil will include sharp increases in the cost of travel, food, heating and retail goods. It finds that the transport sector will be particularly hard hit, with more vulnerable members of society the first to feel the impact.

    Le prix de l’essence, prix de la nouriture et du transport vont monter à un point tel que c’est toute l’économie qui en sera affectée… hum, dans 5 ans? Mais ou étaient-ils depuis les 10 dernières années quand le prix du baril est passé de 10$ à une moyenne de 99$ entre 1999 et 2008. Vrai qu’il faut agir maintenant, mais, comme le soutient avec justesse le rapport Hirsch, les transformations nécessaires au système actuel pour affronter le peak oil nécessite une préparation étalée sur deux décennies.

    Les recommandations sont par ailleurs assez vagues et pour le moins timides, les membres de la table tirant un peu chacun de leur côté. Présents à la table: compagnies énergétiques, domaine de la construction et sociétés de transport, dont Virgin qui porte ici le chapeau de « transporteur » et qui veut évidemment faire la promotion des bio-carburants, histoire de continuer à faire voler ses gros engins.

    Somme toute, c’est un pas dans la bonne direction pour ce qui est de la publicité nécessaire à la cause, particulièrement au Royaume-Uni, mais il est maintenant à craindre que la classe politique ne prenne l’avertissement à la légère et que la gestion et la planification à court terme ne viennent anéantir toute action concrète!


    Téléchargez le rapport 2010: The Oil Crunch: A wake-up call for the UK economy
    Téléchargez le rapport initial de 2008: The Oil Crunch; Securing the UK’s energy future

    Oilwatch Monthly – Décembre 2009

    Posted by Yanik Déry On décembre - 22 - 2009

    Oilwatch Monthly est une newsletter publiée chaque mois par l’ASPO Nederland et distribuée gratuitement. Elle contient les plus récentes données de production mondiale, de demande, de capacité excédentaire, des stocks et des exportations. Le document peut être téléchargé gratuitement à partir du site TheOilDrum.com.

    Vous pouvez suivre la discussion sur TheOilDrum: Oilwatch Monthly – Décembre 2009.

    Se préparer au peak oil? « No Way! » dit l’Australie!

    Posted by Yanik Déry On novembre - 20 - 2009

    Le Sénat Australien a voté hier contre une proposition des Greens appelant le Gouvernement à se préparer à faire face au pic pétrolier.

    Le résultat du vote a été de 31 contre 6, contre la motion. Cinq Sénateurs Verts et un indpendant ont voté pour la motion.

    La Sénatrice Christine Milne, des Verts:

    « We must start planning now to bring on the sustainable alternatives of renewably-powered electric vehicles, both public and private, and tackle the climate and peak oil crises together.

    « The International Energy Agency whistleblower’s report is shocking but unsurprising to those of us who have watched the refusal by Australian governments to acknowledge the peak oil threat. »

    Et pourtant...

    Oilwatch Monthly – Octobre 2009

    Posted by Yanik Déry On octobre - 23 - 2009

    Oilwatch Monthly est une newsletter publiée chaque mois par l’ASPO Nederland et distribuée gratuitement. Elle contient les plus récentes données de production mondiale, de demande, de capacité excédentaire, des stocks et des exportations. Le document peut être télécharger gratuitement à partir du site Peakoil.nl.

    Vous pouvez suivre la discussion sur TheOilDrum: Oilwatch Monthly – Octobre 2009.

    Entrevue avec Robert Hirsch

    Posted by Yanik Déry On septembre - 22 - 2009

    Robert Hirsch est un spécialiste des questions énergétiques ayant travaillé pour l’État et le secteur privé. En 2005, c’est lui qui est à l’origine de l’étude sur le pic pétrolier du DOE (Department of Energy) des États-Unis.

    Il est ici interviewé par Steve Andrew de l’ASPO.

    La version originale se trouve ici: Interview with Bob Hirsch – The Stonewalling of Peak Oil
    La traduction vient du site Contreinfo.info: Robert Hirsch : la production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans

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    Question : Quelles ont été vos principaux domaines d’activité au cours de votre carrière dans le secteur de l’énergie ?

    Hirsch : J’ai débuté dans l’énergie nucléaire. Puis j’ai fait de la recherche sur la fusion [nucléaire], et dirigé le programme gouvernemental en la matière. J’ai passé beaucoup de temps sur les énergies renouvelables, y compris la gestion du programme fédéral des énergies renouvelables. De là, je me suis dirigé vers l’industrie pétrolière, où j’ai dirigé la recherche à long terme sur le raffinage puis les carburants synthétiques. Plus tard, j’ai dirigé la recherche et le développement sur l’exploration et la production du pétrole et du gaz. Puis ensuite, je suis passé dans le secteur de l’énergie électrique – tous les aspects de l’énergie électrique. Et puis j’ai mené des études sur l’énergie, dont plusieurs années pour la Rand, SAIC, et maintenant MISI. En dehors de cette carrière professionnelle j’ai collaboré avec les Académies Nationales [des Sciences] dans le domaine des études sur l’énergie depuis 1979 et j’ai travaillé sur pratiquement tous les aspects de l’énergie avec ces académies, que ce soit en tant que participant ou en tant que président du comité de leur conseil sur l’énergie et les systèmes environnementaux.

    Question : Quand avez-vous entendu parler du problème du pic pétrolier ?

    Hirsch : J’ai pris connaissance du pic pétrolier après ma sortie de l’industrie pétrolière, car on n’en parlait pratiquement pas lorsque j’y étais. Au début des années 2000, j’avais fait une étude pour le Département de l’Energie (DOE) traitant de la planification à long terme des recherches et du développement dans le secteur énergétique. Le pic pétrolier était l’un des six axes que j’avais défini. Auparavant, je n’avais jamais vraiment réfléchi sur ce sujet. C’est une sorte de bébé « goudron » ; une fois que vous mettez la main dessus, vous ne pouvez plus vous en détacher… Lorsque la production pétrolière déclinera, cela sera un enjeu déterminant pour l’humanité. Je suis donc impliqué depuis six ou sept ans dans l’analyse du pic pétrolier et des moyens de l’atténuer.

    Question : Comment est née l’étude de 2005 du DOE sur le pic pétrolier ?

    Hirsch : Essentiellement à mon initiative. Je travaillais avec le National Energy Technology Laboratory (NETL) du DOE à l’époque, et ils m’ont laissé beaucoup de latitude pour me pencher sur des sujets importants. J’ai senti que le pic pétrolier était extrêmement important, alors j’ai mené quelques recherches à titre personnel et j’ai ensuite proposé au NETL de réaliser une étude beaucoup plus complète, avec Roger Bezdek et Bob Wendling, qui sont des gens très capables, avec qui j’avais déjà travaillé précédemment, et qui sont très pragmatiques sur les questions de l’énergie et la réalité des problèmes. Le NETL a accepté. J’étais déjà sous contrat, et ils ont recruté Roger et Bob.

    Nous étions en étroite coordination avec le NETL durant cette étude, de sorte qu’ils avaient des éléments et savaient ce qui allait en sortir. Mais quand ils ont vu le rapport final, ils ont étés choqués, bien qu’ayant su ce qui allait être publié. Il n’y a là aucun jugement négatif sur les membres du NETL. Lorsqu’on est préoccupé la plupart du temps par autre chose, les mauvaises nouvelles qui vous parviennent ne retiennent pas nécessairement votre attention immédiatement.

    Une fois le rapport terminé, la direction du NETL ne savait vraiment pas quoi en faire, tant il était dérangeant et avait des implications majeures. Finalement, la directrice a décidé qu’elle allait l’endosser car elle prenait sa retraite et ne craignait plus rien, à ce qu’on m’a dit. Le rapport n’a pas fait l’objet d’une large publicité. Il a fini par être remarqué par un lycée quelque part en Californie ; ensuite le NETL l’a mis sur son site web. Le problème pour les gens du NETL – ce sont vraiment des gens biens – c’est qu’ils subissaient beaucoup de pression pour qu’ils ne soient pas porteurs de mauvaises nouvelles.

    Question : pressions de qui ?

    Hirsch : De personnes appartenant à la hiérarchie du DOE. Cela a été le cas sous les deux administrations, républicaine et démocrate. Il y a, je crois, de nombreuses preuves, et certains fonctionnaires du DOE sont allé jusqu’à préciser que des membres de la direction du DOE, sous les deux administrations, ont compris qu’il y avait un problème et ont bloqué les travaux sur cette question. Sous le président Bush, nous avions non seulement pu réaliser la première étude, mais également une étude de suivi traitant de la dimension économique de l’atténuation du pic pétrolier. Après cela, la visibilité, est devenue assez grande pour que l’on dise au NETL d’arrêter toute nouvelle recherche sur le pic pétrolier.

    Oui, ce fut terrible. Et c’était strictement une question politique et de nominations politiques, je n’ai aucune idée du niveau dans l’administration (actuelle et précédente), où ces questions ont été et sont traitées. Des membres de l’administration Clinton ont parlé du pic pétrolier, dont le président Clinton et le Vice Président Gore, et c’est également vrai pour l’administration Bush, comme c’est le cas, d’après ce que je sais, pour l’administration Obama.

    L’histoire du pic pétrolier est certainement l’histoire de mauvaises nouvelles. Il n’y a aucun moyen pour embellir la réalité, à l’exception peut-être de ce que j’ai fait parfois, c’est-à-dire de déclarer qu’en 2050, nous aurons réussi, nous aurons traversé la récession due au pic pétrolier – très probablement une très profonde récession. À un certain point, nous allons nous en sortir parce que nous sommes des êtres humains, et que nous ne nous décourageons pas. J’ai foi dans les gens en fin de compte. Mais ce sont de mauvaises nouvelles et tout responsable du gouvernement qui prendra la parole pour annoncer ces mauvaises nouvelles devra enchainer immédiatement en déclarant « voici ce que nous allons faire à ce sujet ». Mais personne ne semble prêt à cela.

    Le pic pétrolier est un problème plus important que celui du système de santé, du déficit du budget fédéral, et ainsi de suite. Nous parlons de quelque chose qui, pour prendre une position médiane entre les prévisions apocalyptiques et l’optimisme inconscient de certains, sera extrêmement dommageable pour l’économie américaine et mondiale pour une très longue période. Il n’y a pas de remède miracle.

    Question : Comment décririez-vous les enseignements majeurs que vous avez retiré de votre étude de 2005 ?

    Hirsch : Ce que nous avons fait, consistait à étudier ce que serait un programme mondial d’urgence pour atténuer les conséquences [du pic]. Nous voulions savoir quel était le maximum de ce qui était humainement possible. C’est ce qui délimitait la recherche. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles, même dans les meilleures conditions, les choses ne peuvent pas et n’iront pas aussi vite que ce nous avions présupposé. Nous savions dès le départ que le système énergétique est énorme et que la quantité de produits finis dépendant du pétrole était considérable. Nous savions que cela ne pouvait pas être transformé rapidement, et que dans un certain nombre de cas, il n’y aurait rien à faire – car il n’existe aucune alternative aux combustibles liquides. Nous savions aussi que l’efficacité énergétique pourrait faire une grande différence, mais nous avons été surpris d’apprendre que l’amélioration des économies en carburants des véhicules serait beaucoup plus lente que ce que nous avions imaginé avant de faire notre analyse. Nous nous sommes aperçus qu’avec un taux de déclin de la production mondiale de pétrole qui allait atteindre plusieurs pourcents par an, cela prendrait très longtemps pour que les mesures de mitigation puissent compenser la baisse de la production mondiale de pétrole. Fondamentalement, notre résultat le plus important, c’était que le lancement d’un programme d’urgence mondial 20 ans avant que le problème n’apparaisse éviterait de graves problèmes. Si on ne commence que 10 ans avant on a beaucoup plus de difficulté, et si on attend jusqu’à la dernière minute, jusqu’à ce que le problème soit devenu évident, alors on est dans le pétrin pendant bien plus longtemps qu’une décennie. Au train où vont les choses, nous ne disposons plus des 10 ou 20 ans de ces deux scénarios.

    Question : Quel ont été les réactions immédiates en dehors du gouvernement ?

    Hirsch : Nous avons présenté le rapport à toutes sortes de publics, y compris des gens appartenant à la hiérarchie et aux comités de direction des académies [des sciences] nationales. Nous avons donné des conférences devant des publics profanes et avertis, et ce, depuis des années maintenant. Nous avons également publié des versions plus courtes dans divers médias. La réaction la plus fréquente que nous avons constaté était l’incrédulité : « cela ne peut pas arriver. » Mais ensuite, nombre de personnes en viennent à accepter, rapidement ou après réflexion, que ce raisonnement est correct, à la fois en termes de production mondiale de pétrole et en terme de mitigation. Il y a toujours certaines personnes qui rejettent le pic pétrolier, passant en fait à une contre-attaque, et qui argumentent contre. Je soupçonne que ce type de réactions que je viens de décrire est celui auquel se sont heurtés bien des gens qui travaillent sur le pic pétrolier.

    Question : Quelle a été votre sentiment au sujet de l’atelier sur le pic pétrolier tenu par la National Academy of Sciences en octobre 2005 ? Qu’a-t-il produit, selon vous ?

    Hirsch : Cela a été utile parce que nous avons rassemblé des points de vue divers, et que quelques discussions ouvertes ont eu lieu. Mais ces discussions ont pourtant été loin d’être satisfaisantes. En fait, les participants exprimaient leur position, mais il n’y avait pas de débat sur ce qui était réel ou pas, sur ce que sont les preuves, si elles sont solides. C’est la nature des ateliers de l’Académie. Ils sont mis en place, à juste titre, afin que soient présentées des positions, dans un but didactique et, éventuellement, ensuite, débouchent sur une étude plus détaillée menée par l’Académie. Les académies ne prennent pas de positions sans faire une analyse détaillée, et en soumettant ensuite cette étude à un processus de revue très attentif. Je pense que cette approche a bien fonctionné pour les académies. Mais dans ce cas particulier, avec des gouvernements désirant réduire au silence toute discussion ouverte sur le pic pétrolier, aucune suite ne fut donnée.

    Question : A l’époque où vous avez publié votre rapport, il me semble que vous étiez resté volontairement neutre quant à la détermination de la date du pic pétrolier, afin que les lecteurs ne se focalisent pas sur cette question. Depuis la publication de l’étude, comment a évolué votre point de vue sur le calendrier du pic pétrolier ?

    Hirsch : Tout d’abord, j’en savais assez sur la production pétrolière, ses incertitudes et ses inconnues pour comprendre qu’en abordant le sujet je ne pouvais pas émettre dès le début un jugement qui soit motivé. J’ai donc passé un certain nombre d’années à l’écoute de ce que les autres avaient à dire, à étudier leurs analyses, et à observer ce qui se passait dans le monde réel avant d’en arriver à ma propre conclusion. Ce n’était pas une question de politique. Cela tenait au fait que ce problème est extrêmement compliqué, qu’il y a beaucoup d’inconnues. En ce qui me concerne, je n’étais pas prêt à prendre position sur le calendrier sans avoir de nombreuses preuves qui étayeraient ma position. Il n’y a donc que depuis environ un an et demi ou deux ans que j’ai commencé à envisager une date probable pour la baisse de la production pétrolière mondiale, quelque part durant les cinq prochaines années.

    Question : Etant donné là où nous en sommes aujourd’hui, si vous étiez nommé responsable des questions énergétiques, quelles initiatives politiques prendriez-vous ?

    Hirsch : Si je participais au gouvernement à un haut niveau, je défendrais très fermement devant le président l’idée qu’il devrait prendre le leadership sur ce problème au plan national et international. Il faudrait qu’il étudie un peu, afin de saisir l’état de la question – qu’il le fasse tranquillement – et puis qu’il se lève et s’adresse au monde et à la nation : « nous avons un très grave problème et voici ce que mon gouvernement va entreprendre à ce sujet. » C’est en faveur de quoi je plaiderais car quelqu’un doit se lever et dire que le roi est nu. Cela sera très difficile parce que les gens n’aiment pas entendre de mauvaises nouvelles, et c’est une très mauvaise nouvelle. Au fur et à mesure qu’elle sera prise en compte, les marchés vont baisser et il y aura une récession en réaction immédiate, parce que les gens se rendront compte que c’est un problème tellement épouvantable que conserver une vision optimiste sur l’emploi et l’économie serait tout simplement irréaliste.

    Question : Etant donné ce que sont nos dirigeants aujourd’hui, que devraient faire les « concernés du pic pétrolier » – une expression que vous avez utilisé durant l’atelier de 2005 – et qu’ils ne font pas aujourd’hui ?

    Hirsch : J’aimerais le savoir. C’est un sujet qui, en toutes circonstances, est porteur de mauvaises nouvelles, mais c’est encore pire durant d’une récession. Mon approche consiste à présenter et discuter les faits et les réalités et à essayer de dissiper les confusions. Je ne pense pas qu’il soit judicieux, et ce n’est pas mon style, d’affirmer que le monde touche à sa fin, d’annoncer l’Apocalypse. C’est ma position. D’autres estiment que l’ l’Apocalypse est effectivement probable. C’est leur droit. Je crains que, quoi que nous fassions, nous ne parvenions pas à capter l’attention de l’opinion publique, jusqu’à ce que le prix du pétrole s’envole à nouveau et que les gens en souffrent. C’est ce qui s’est passé l’an dernier. Ce problème retenait de plus en plus l’attention lorsque le prix du pétrole a augmenté parce que 1) les gens en souffraient, et 2) ils savaient que quelque chose n’allait pas. L’opinion est préoccupée en ce moment par la récession, et les gens ne veulent pas recevoir de mauvaises nouvelles venant s’ajouter à celles auxquelles ils sont déjà confrontés. J’aimerais être optimiste et dire qu’il existe une sorte de baguette magique, mais si c’est le cas je ne sais pas où elle se trouve.

    Question : Autre chose, pour conclure ?

    Hirsch : J’ai essayé de sortir des sentiers battus pour ce qui est de faire passer le message et d’attirer l’attention de l’opinion. Je n’ai rien trouvé de plus que ce que je suis déjà en train de faire, sinon écrire un livre, ce que nous venons de commencer. Mais d’autres gens ont d’autres idées, possibilités et relations. Je leur suggérerais donc d’imaginer les démarches qui permettraient, de façon rationnelle et raisonnable, que plus de décideurs s’impliquent 1) dans la prise en compte du problème et 2) contribuent à faire qu’il soit pris en compte au plus haut niveau gouvernemental. Ainsi des mesures sérieuses pourraient commencer à être prises.

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    Le rapport complet est disponible ici: PDF DOE – PEAKING OF WORLD OIL PRODUCTION : IMPACTS, MITIGATION, & RISK MANAGEMENT

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