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PIC PÉTROLIER.net est un site dédié au pic pétrolier (peak oil) et à son impact sur l’économie et sur la société en général. Notre but est de faire connaître les problèmes reliés à l'atteinte du pic de production de pétrole au niveau mondial et d'en envisager les conséquences et différentes pistes de solution. Sans aucune prétention scientifique, ce site se veut donc un document d'accompagnement alors que nous nous aprêtons à vivre la fin de l'Âge du Pétrole!

Archive for mai, 2009

La fin du monde (tel qu’on le connaît), selon Jeff Rubin

Posted by Yanik Déry On mai - 28 - 2009

L’ancien Économiste en Chef de la CIBC, Jeff Rubin, remet ça. Celui qui nous a habitué à des déclarations chocs et des prédictions souvent controversées, comme le baril de pétrole à 100$, est à promouvoir son nouveau livre Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller.

« Converti » aux théories du pic pétrolier depuis sa rencontre de 2000 avec le réputé géologue Irlandais Colin Campbell, Rubin a quitté son poste à la CIBC en mars dernier afin de se consacrer entièrement à l’écriture de son bouquin et par le fait même, à faire connaître la menace du « peak oil » à un vaste public.

Le livre reprend en gros ce qui se discute depuis des années dans des cercles relativements restreints de géologues et d’économistes, soit les conséquences concrètes de l’atteinte du pic de production pétrolière. Baril de pétrole à 100$ d’ici quelques mois, à 200$ d’ici 4 ans, fin de la mondialisation économique tel qu’on la connaît, révolution majeure dans les modes de transport, retour à l’économie « locale »… bref, autant de sujets abordés ici et ailleurs chez les « peakistes »!

L’importance de la nouvelle? Jeff Rubin SAIT faire parler de lui. En quittant son poste à la CIBC, il a maintenant la liberté de parole et d’action qui lui manquait pour faire campagne. Il a toujours ses entrées dans les médias et ses contacts sur Bay Street, ce qui fera de lui un acteur important du dossier du pic pétrolier pour des années à venir.

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Sources:

Sur Cyberpresse ce matin: La fin du monde (tel qu’on le connaît) est proche
Dans Les Affaires: Que devient Jeff Rubin ?
Reuter, plus tôt cette semaine: http://www.reuters.com/article/GCA-Oil/idUSTRE54P4O520090526

Son livre est disponible sur Amazon ici.

La Chine place ses pions!

Posted by Yanik Déry On mai - 20 - 2009

China

Depuis déjà plusieurs années, la Chine montre un taux de croissance dépassant les 10% et un excédent commercial de centaines de milliards de dollars. En 2008 seulement, malgré la crise financière et la contraction du commerce mondial, elle montre un accroissement de son PIB de l’ordre de 9%. C’est évidemment loin des 13% montrés en 2007, mais avec un excédent commercial de près de 300 Milliards $US, elle a en main les outils nécessaires afin de relancer son économie, de la ré-orienter et de la préparer pour l’avenir. C’est précisément ce à quoi on assiste ces derniers mois.

Le plan de relance de la Chine face à la crise, par le biais d’investissement colossaux dans les infrastructures publiques et par des programmes de soutien pour l’achat de véhicules et d’habitations, vise essentiellement à soutenir la demande intérieure, en réponse à la baisse des exportations. Grâce à ces mesures, la consommation des ménages est en croissance stable de 16% au premier trimestre 2009. Pour l’année 2009 on pévoit un croissance globale entre 6% et 7%.

C’est surtout au niveau des investissements à l’étranger et de l’achat et le stockage de ressources que la Chine se démarque des autres puissances économiques dans sa réponse à la crise. Pendant que le reste de l’économie mondiale est paralysé par une crise du crédit sans précédent, où tant les États que les compagnies et les ménages sont endettés jusqu’à en être pris à la gorge, la Chine se prépare à faire face à une éventuelle reprise en achetant tout ce qu’elle peut sur les marchés des matières premières. Devenu le grand argentier de la planète grâce à ces immenses réserves de change, estimées à 2 000 milliards de $US, elle multiplie les ententes économique, les acquisitions d’entreprises et surtout, les contrats d’approvisionnement en ressources et en pétrole.

Dans un entente signée mardi dernier entre Pétrobas et la China Development Bank, cette dernière prête 10 Milliards $US à la pétrolière en échange d’un contrat d’approvisionnement garanti de 200,000 bpj pendant 10 ans. Cette entente, de même que les 13 autres signées par la même occasion, entre autres dans les domaines de la science, de l’agriculture et des sports, fait de la Chine le plus important partenaire commercial du Brésil, devançant maintenant les États-Unis, avec un commerce bilatéral atteignant en avril plus de 3,2 Milliards de $US.

Cette entente fait suite à celle signée en février avec la Russie où la Chine prêtait cette fois 25 Milliards de $US à deux pétrolières russes, Transneft et Rosneft, en échange d’un contrat d’approvisionnement de 300 Millions de tonnes de brut sur 20 ans. La construction de la portion chinoise du pipeline devant relier la Sibérie et la Chine a même débutée cette semaine. Même chose au Venezuela ou un prêt de 4 Milliards $US garantie un approvisionnement de 200,000 bpj. D’autres ententes semblables sont en cours de négociations avec le Kazakhstan et l’Angola.

Les investissement étranger touchent également l’aluminium, le zinc et le minerai de fer. Que ce soit en Amérique Latine, en Afrique, en Asie-Centrale, au Moyent-Orient ou en Australie, la stratégie est la même: profiter des difficultés financières ou des besoins de financement des entreprises, souvent même des compagnies nationales, pour acquérir des participations toujours plus importantes afin de se garantir des contrats d’approvisionnement et de se protéger contre les hausse éventuelles du prix des matières et la dévaluation du dollar US.

Pendant que les États-Unis investissent des milliards dans ses banques moribondes et tentent désespérément de sauver de la faillite ses constructeurs automobiles, il semblerait que la prochaine partie sur l’échiquier de l’économie mondiale soit déjà commencée. Et lorsque les États-Unis réussiront enfin à s’asseoir à la table, j’ai bien peur qu’il ne lui manque quelque pions pour faire face au joueur d’en face!

Sources:
Rebond de la croissance chinoise au premier trimestre
China signs $10 bln loan-for-oil deal with Brazil
New Strategies for China’s Energy Quest
Cash is king : les Chinois en position de force
La Chine joue la hausse du fer

Image- Mercopress (Le Vice-Président Chinois Xi Jinping rencontre le Président brézilien Luiz Inacio Lula da Silva en Février dernier)

Le Plan Obama pour l’automobile

Posted by Yanik Déry On mai - 20 - 2009

Depuis le temps qu’on en parle, ça y’est!

Un accord historique présenté hier par le Président Barrack Obama imposera aux constructeurs automobiles de nouvelles normes anti-pollution réduisant du tiers l’émission de gaz à effets de serre (GES). Le plan vise également à réduire significativement la consommation moyenne des voitures et des camions légers, la faisant passer à 6,63 litres aux 100 km. Les constructeurs auront jusqu’en 2016 pour se conformer; c’est 4 ans plus tôt que prévu initialement.

Selon le gouvernement américain, ces nouvelles normes permettrait d’économiser l’équivalent de 1,8 Milliard de barils de pétrole et de réduire les émissions de GES de 900 millions de tonnes. L’objectif double est de lutter contre les changements climatiques et de réduire leur dépendance au pétrole étranger.

S’il faut applaudir ce changement au sud de la frontière, il faut demeurer réaliste. Nous sommes loin de la révolution nécessaire pour faire face au double défi des changements climatiques et du pic pétrolier. Le changement était nécessaire parce que techniquement réalisable, mais il ne doit s’agir que d’une première étape vers une réorganisation complète des transports.

Ces nouvelles normes, qui ne font que rejoindre celles de l’Europe (6,42 litres aux 100km) et du Japon (6,28 litres aux 100km), n’auront que peu d’impacts sur la dépendance au pétrole, sur les effets du pic et sur les habitudes énergivores des américains, tant et aussi longtemps que les réponses à ces problématiques seront business as usual. Peu importe qu’on en change la recette, le rêve américain et une économie basée sur l’industrie automobile sont insoutenables.

Les problèmes du Lithium…

Posted by Yanik Déry On mai - 1 - 2009

Une des solutions envisagée pour contrer les effets du pic pétrolier est l’utilisation toujours grandissantes des véhicules hybrides et électriques. Ces véhicules nécessitent cependant le stockage d’électricité dans des batteries performantes à base de lithium. Les piles actuelles lithium ion, ou les toutes nouvelles lithium phosphate et lithium manganèse requiert l’extraction d’une ressource qui, tout comme le pétrole, n’est évidemment pas illimitée.

Dans un excellent article publié ce matin sur le site du National Post, David Booth dresse un portrait des réserves disponibles de lithium et des perspectives d’avenir quant à une commercialisation grandissante de la ressources.

On the pessimistic side, there is William Tahil, author of the research paper The Trouble with Lithium, who estimates the world’s lithium reserves at about four million tons. He claims the production of hybrid and electric cars will soon tax the world’s production of lithium carbonate. At the other end of the spectrum is Keith Evans, who has released An Abundance of Lithium, a report estimating there are 28 million tons of the base metal to be had, plenty enough to go around. Somewhere in the middle of these two opposing viewpoints is the United States Geological Survey’s somewhat dated estimate of 11 million tons.

Trois pays se partagent 50% de la production mondiale actuelle, soit la Chine, l’Argentine et l’Australie. Les plus grandes réserves restantes – environ 40% des réserves totales – se trouvent… en Bolivie! N’est-il pas ironique de voir les États-Unis prendre le virage du renouvelable et des voitures électriques/hybrides afin de « s’affranchir » d’États producteurs de pétrole comme le Vénézuela de Hugo Chaveze et ainsi se retrouver dans une autre situation de dépendence à une ressources, cette fois possédée par son bon ami Evo Morales!

Évidemment des substitut existent pour les batteries, comme par exemple la batterie NiMH de la Pirus et les technologies vont continuer d’évoluer. Il faut quand même se rendre compte de la difficulté, voir l’impossibilité, de remplacer efficacement une énergie aussi puissante et bon marché (jusqu’à maintenant) qu’est le pétrole à une échelle aussi grande.

À lire sur le National Post: Motor Mouth: The problem with lithium

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